Maire et mère…😊

 

Dans l’actualité, cette semaine, il a été question de l’insatisfaction des Montréalais envers leur nouvelle « maire » 😊Valérie Plante.   Quelques jours plus tard, monsieur Ferrandez a parlé d’« amateurisme » à propos de la promesse faite en campagne électorale de gel des taxes à la ville.  En réponse à ce commentaire, madame Plante a vanté le travail d’équipe, l’union des forces de chacun, puis elle a affirmé « La personne qui est à la tête de la ville de Montréal, c’est moi, c’est Valérie Plante (…) ».

 

Loin de moi l’idée de me lancer dans un débat politique, ce qui a été promis en campagne, les livres pas ouverts, le déficit, et tout le reste.  Je m’attarde plutôt au fait que madame Plante a pris une décision « impopulaire » et elle a tenu le cap (encore là, c’est factuel, pas politique 😊).  Je pense à la vie d’un parent… moi, comme mère, il m’est arrivé (plus d’une fois) de prendre une décision qui serait « impopulaire » – je le savais à l’avance.  Cette décision-là, elle était prise en équipe, avec mon partenaire-parent.  Ensemble, nous croyions au plus profond de nous, avec tout notre amour,  que cette décision était nécessaire voire même essentielle pour un de nos enfants dans une situation bien précise à un moment bien spécifique.  Et j’imagine que vous aussi, ça vous est arrivé (ou ça vous arrivera?) de prendre une décision « impopulaire » qui s’imposait pour un enfant que vous aimez plus que tout.  C’est ça aussi être parent… s’affirmer dans son rôle de parent, assumer son rôle de leader, un « leadership empreint d’équidignité », comme le dit Jesper Juul.  Être parent, c’est prendre ses responsabilités…

(… ) la responsabilité personnelle est l’un des phénomènes les plus systémiques que nous connaissons.  Qu’elle ait un caractère « systémique » signifie qu’elle a une très grande influence sur nos relations proches – que nous l’endossions ou non d’ailleurs.  De même, le fait qu’une personne assume sa propre responsabilité est bénéfique à l’ensemble de la famille. (…) (pages 77-78)

En famille, la dynamique entre les personnes est telle que si nous prenons des décisions défensives – c’est-à-dire des décisions pour éviter quelque chose – nous finirons toujours par obtenir à terme ce que nous cherchions à éviter.  Les conflits sont inévitables et ne peuvent qu’être repoussés à plus tard.  Le contraire d’une décision défensive est une décision pleinement responsable. (page 82)

Source: Jesper Juul (2017 pour l’édition française), La vie en famille – renouveler les valeurs fondamentales du vivre-ensemble, éditions Fabert.

À travers les hauts et les bas de la vie, fort probablement qu’une décision « impopulaire » prise en équipe maman-papa devient moins pénible/difficile à porter parce qu’elle repose sur 2 paires d’épaules…   Dans une famille, je crois aussi que chacun, du plus petit au plus grand, se porte mieux/se sent davantage en sécurité quand maman-papa forment une équipe…

Image à la une: http://www.tvanouvelles.ca/2017/11/16/jour-dassermentation-a-montreal, 2018-02-08

 

 

 

 

 

La vie en famille – Jesper Juul

L’auteur est Jesper Juul, danois, enseignant et travailleur social (thérapeute familial).  Ses livres sont traduits en plusieurs langues.  Il dirige « Familylab International ».

J’avais brièvement parlé de cette lecture dans un autre article, « Voyage en avion et équidignité« .

Confrontés en tant que parent au vide laissé par le rejet de l’autoritarisme comme des violences physiques et psychologiques envers les enfants, nous nous sentons aujourd’hui souvent perdus. Nous jouons pourtant toujours un rôle essentiel pour les enfants puisque qu’eux, venus au monde sans expérience, ont besoin de notre leadership adulte. Comment développer alors cette autorité personnelle, nécessaire et constructive pour les enfants ? Comment transformer l’amour que nous éprouvons en gestes affectueux que nos proches ressentent aussi comme des marques d’affection, et cela sans perdre notre propre intégrité ?

Pour répondre à ces défis, Jesper Juul nous invite à nous appuyer sur quatre valeurs – équidignité, intégrité, authenticité et responsabilité. Transculturelles, ces valeurs forment ensemble un socle fondamental auquel nous référer pour établir des relations familiales durablement saines et constructives, une base permettant l’épanouissement social et mental aussi bien durant l’enfance qu’à l’âge adulte. Au travers de ce livre, aujourd’hui référence en Scandinavie et en Europe centrale, il pose ainsi les fondements d’un renouveau du vivre-ensemble et de l’éducation.

La vie en famille – Renouveler les valeurs fondamentales du vivre-ensemble

Jesper Juul, Éditions Fabert (2017) –

Référence: http://www.familylab.fr/mediatheque/livres/

 

 

Unconditional Parenting, Alfie Kohn

Ce livre a été traduit en français: Aimer nos enfants inconditionnellement

Book review: “Unconditional Parenting” by Alfie Kohn

Book Review: “Unconditional Parenting” by Alfie Kohn

I often recommended to parents an article by Alfie Kohn called “5 Reasons to Stop Saying Good Boy/Good Girl”. And I’ve been told many times that parents have found his book “Unconditional Parenting” the most useful parenting book they had read. (…)

 

Unconditional Parenting by Alfie Kohn

1. Working with (instead of doing to)

The biggest message I have taken away from Alfie Kohn’s book is his emphasis to shift towards “working with” our kids as opposed to “doing to”.

“Doing to” strategies are things like threatening, bribing and rewarding our kids as ways to control our children. Instead some “working with” strategies he suggests are:

  • Reconsider your requests – for example, instead of asking “how do I get my child to eat?” instead look at your assumptions, look at what your child needs, and place your focus on offering nutritious food instead.
  • Move to unconditionality – I think we all love our children no matter what they have done; however, we don’t always act this way. Moving toward unconditionality means acting in a way where your child knows you love them for WHO they are, no matter WHAT they do.
  • Talk less, ask more
  • Assume the best from your child – we don’t always see what has happened and know what has gone on. Instead of assuming the worst, you can also assume the best!
  • Give age-appropriate choices

2. Use of praise, rewards and punishment

Alfie Kohn believes that praise, rewards and punishments are all ways of controlling our children. These provide extrinsic motivation to behave in the way we want. But he says this is the wrong type of motivation – better for it to come from the child themselves.

For example, instead of putting a child into time out if he has hit another child, you can get the child to work out what to do to make amends. “I think she feels so bad she is crying. What can you do to make her feel better?” By ending with a question, you give your child a chance to come up with something (even a pre-verbal child!).

3. Use of testing in schools

Alfie Kohn is also very critical of the schools in the US (and many other countries) where there is a lot of focus on test scores. He would like to see school implement interactive, interdisciplinary, and question-based learning to get a deep understanding as opposed to just learning facts. Sounds like a Montessori education would meet many of these requirements.

Hopefully I’ve inspired you to hear more from Alfie Kohn. You can find some of his talks on Youtube. Or you can read his book “Unconditional Parenting” (…)

Référence: http://www.themontessorinotebook.com/unconditional-parenting/

Beaucoup de guides pratiques à l’usage des parents posent comme objectif implicite : « Comment obtenir l’obéissance des enfants ? » Et proposent différentes techniques pour contrôler les enfants.
Ce livre n’est pas une énième méthode ! Alfie Kohn préfère poser la question suivante : « Quels sont les besoins des enfants et comment résoudre les conflits ? »
Il s’agit de faire avec les enfants plutôt que de faire faire aux enfants.
Un besoin fondamental des enfants est l’amour inconditionnel. C’est ainsi qu’ils sont assurés d’être aimés et acceptés quoi qu’ils fassent. Hélas, les approches conventionnelles des punitions, récompenses et toute forme de contrôle, transmettent aux enfants qu’ils sont aimés uniquement lorsqu’ils nous obéissent ou lorsqu’ils nous impressionnent. Sois aimable ! Autrement dit, fais en sorte de mériter notre amour !
L’auteur cite de nombreuses recherches qui montrent la nocivité de toutes ces méthodes. Ce livre nous emmène dans une profonde réflexion sur nos pensées, nos sentiments et nos actes envers nos enfants. Enfin, il invite tous les parents à réfléchir, à se reconnecter avec leur instinct premier, naturellement bon, pour devenir de meilleurs parents.
Référence: https://www.amazon.fr/Aimer-Enfants-Inconditionnellement-Alfie-Kohn/dp/2916032487

Rest Play Grow – Deborah Mac Namara, Ph. D.

Je termine la relecture d’un excellent livre, Rest Play Grow – Making sense of preschoolers or anyone who acts like one based on the relational developmental approach of Gordon Neufeld, par Deborah MacNamara, Ph. D..

Cet ouvrage a été traduit en français, « Jouer grandir s’épanouir: le rôle de l’attachement dans le développement de l’enfant ». 

Jouer grandir

Dr. Deborah MacNamara travaille avec Gordon Neufeld, de l’Institut du même nom, http://neufeldinstitute.com/int/fr/, http://neufeldinstitute.org/

« Fondé sur les travaux du psychologue de renommée internationale Gordon Neufeld, Jouer, grandir, s’épanouir raconte l’histoire du développement des jeunes enfants. Ecrit avec une grande compassion et des anecdotes savoureuses (…).

Avec ce livre, Dr Deborah MacNamara, Ph. D., révèle que le secret pour élever un enfant ce n’est pas de connaître toutes les réponses, mais bien plutôt d’être la réponse de l’enfant. Avec l’attachement comme toile de fond, l’auteure explique très bien la très grande immaturité du cortex préfrontal du tout-petit.  Avec ces prémisses, il devient beaucoup plus facile de comprendre ce que nos tout-petits ont besoin pour s’épanouir et le rôle que leurs parents doivent jouer auprès d’eux – « It lays out how an adult must WORK so that children can REST, so they can PLAY and then GROW ».

J’ai particulièrement apprécié…

  • « In the developmental/relational approach, parents are like gardeners who seek to understand what conditions children grow best in » (…) « Children are like seeds: they need the right warmth, nourishment, and protection to grow. » (…) We need to work not at growing our children up but at cultivating the relational gardens in which they flourish” (pages 16-17)
  • “We believe we can control growth instead of focusing on how we influence the conditions that give rise to it.” P. 25
  • “Master gardeners use science and intuition to know what is needed for good growth and have faith that potential arises from cultivating deep roots to tether all life” (p. 27)
  • “(…) and there is nothing like the force of an immature child to test the maturity level in a parent.” (p. 30)
  • “Until the prefrontal cortex is sufficiently integrated, a young child will remain impulsive and untampered. Brain development continues into adolescence but changes significantly between 5 and 7 years of age.” (p. 31)
  • “Sensitive children have been called “orchid-like”, compared with kids who grow with ease like dandelions.” (p. 35)
  • “Young children don’t think: they react, are moved to attack, and are impulsive – this is the young child in action.” (p. 39).
  • “Young children are unable to operate out of two reference points at a time.” (p. 41)
  • “It is important to bear in mind that young children under the age of 3 have a minimal capacity to play on their own because of intense relational needs.” (p. 67)
  • “Attachment is defined as the drive or relationship characterized by the pursuit and preservation of proximity.” (p, 77).
  • “When they attribute being loved to what they do instead of who they are, they cannot rest.” (p. 89)
  • “With young children, we need to collect their attachment instincts before we direct them.” (p. 96)
  • RELATIONSHIPS BETWEEN ADULTS and children need to be hierarchical for a fulling attachment dance to unfold – the parent needs to lead, and the child needs to follow. This dance is an instinctive one that cannot be commanded.  It is activated when a parent assumes a caretaking stance and creates the conditions for a child to depend on them  The ultimate purpose of attachment is to foster dependence of the immature on those responsible for them.” (p. 103)
  • “We need to dance our way into right relationships with our children by a) ACCEPTING the WORK of the relationship is our responsibility, b) ASSUMING AN ALPHA role by seizing the lead and reading the child’s needs, and c) PROVIDING more than is pursued so that our provision of care more than satisfies their hunger for connection.” (p. 122)
  • “AS EMOTIONAL CREATURES, young children are predictably unpredictable.” (p. 124)
  • “Parents need to work at providing the conditions to grow children into emotional maturity instead of commanding them to act emotionally mature.” (p. 127)
  • “The antidote to thwarted expression is conveying to a child that all of their emotions are welcome and won’t lead to separation.” (p. 135)
  • “We need to help a child understand this powerful reservoir of emotional energy inside of them.” (p. 152)
  • “A child is moved to attack by the emotion of frustration; this is where a parent needs to focus.” (p. 171)
  • “When a parent conveys what doesn’t work, they need to convey that the relationship is still intact.” (p. 175)
  • “Attachment is the doorway through which separation opens up; attachment and separation are like opposite sides of the same coins. (…) In other words, if separation (ex. Bedtime, separation) is the problem, attachment is the solution.” (p. 179)
  • “Parents will need to cultivate attachment villages to raise their children in (…)” (p. 186)
  • “Bridging will work to reduce separation alarm only when the child has a right relationship with their adult.” (p. 189)
  • Chapter 9 – “You’re not the boss of me”, understanding resistance and opposition.
    • “The counterwill instinct preserves a parent’s rightful place in a child’s life as being the one to lead and take care of them.” (p. 204)
    • “When attachment is strong, counterwill is weak or nonexistent. When attachment is weak, counterwill reactions will be strong.” (p. 206)
  • “Maturity is the answer to immature behavior – discipline is what adults do to impose order on the disorder of immaturity.” (p. 223)
  • “Good discipline means not letting a child’s behavior be more important than the relationship.” (p. 237)
  • “From a child’s perspective, good discipline means an adult still believes in them and knows they will get it right one day.” (p. 237)
  • “Attachment is a child’s greatest need” (p. 230)
  • “Parents can be firm on behavior but easy on the relationship.” (p. 242)
  • “Being a parent is more than just a list of things we do; it is about who we are to our children and who we become because of loving them.” (p. 253)
  • “Children shouldn’t have to perform to be loved; they should be loved regardless how they perform.” (p. 256)
  • “Being a gracious parent is what it means to unconditionally love a child – it is how we become their place or rest so that they can play and grow. “ (p. 257)
  • “We cannot become our child’s answer through books, someone else’s mantras, or directions. This place must be born inside us from alpha instincts and vulnerable emotions. It is as much about caring as it is responsibility.” (p. 257)
  • “As adults, we face forward into aging and separation, but in holding on to our children, we are forced to look back to our beginnings. Nature ties the ends of our life cycle together, the old connected to the new, the endings fused to the beginnings, opposites entwined, the paradoxical rendered seamless, endless.  These invisible ties of relationships hold us together – the human cycle unfolding generation after generation.” (p. 258)

Bonne lecture!

 

« La qualité de la relation, c’est la base de tout »

Adolescence – alcool et drogue… je sais… vous êtes probablement loin de cela. En même temps, force est de constater que le temps file… votre tout-petit d’aujourd’hui sera votre ado, demain.  Dans cet article de La Presse+ du 21 mars 2016 (Marie Allard), madame Lefebvre, directrice générale du Centre québécois de lutte aux dépendances, dit aux parents d’ado que la qualité de la relation, c’est la base de tout Et moi, je crois qu’une relation de qualité, ça se prépare petit à petit, au fil des jours, au fil de la vie.

« Si on ne garde pas une relation de qualité avec notre adolescent, c’est-à-dire une relation où il y a de l’amour, de l’affection et où on s’intéresse à lui, c’est très difficile d’établir les autres facteurs de protection familiale. Si on compare les facteurs de protection à des poupées russes, avoir une relation de qualité, c’est la plus grosse poupée, celle qui contient les autres. »

Bâtir une relation, ça fait partie du travail de parent… Bâtir une relation de qualité avec son enfant, ça fait partie des rêves de tout parent.  Maman, quand avez-vous commencé la construction du lien avec votre enfant?  Quand il était dans votre ventre? Quand il faisait partie de vos projets?  Quand il est né?  À quelle fréquence nourrissez-vous cette relation? Quels ingrédients mettez-vous dans cette relation? De la joie, de l’amour, de l’humour, de l’amour, de l’empathie, de la compassion, de la tendresse, de l’amour et encore de l’amour…?  Peut-être votre lait…?  D’autres ingrédients…?

Vous et votre enfant êtes sûrement en liens avec d’autres personnes.  L’autre parent de votre enfant… qu’en est-il de la construction de son lien avec cet enfant…?  Et vous avec votre partenaire… qu’en est-il de votre lien de conjoints…? de votre lien de parents…?  Et votre famille… quels liens unissent ses membres? Quels ingrédients nourrissent votre famille…?  Quelles personnes gravitent autour de votre famille…? Quels liens unissent votre famille avec ces personnes…?

L’article de Marie Allard cible la relation des ados avec ses parents… vous conviendrez avec moi que cet article peut s’appliquer à toute relation… Une relation de qualité avec ceux qui sont dans notre cœur, ça se bâtit peu à peu, au fil de la vie, ça prend du temps, un peu-beaucoup à différents moments, ça prend aussi des ingrédients spéciaux tout autant que cette relation est spéciale.  Une relation de qualité avec ceux qui sont dans notre cœur, c’est comme une plante… il faut en prendre soin…  Une relation de qualité avec ceux qui sont dans notre cœur, autant ça peut parfois être difficile à vivre, autant ça peut aussi être un des beaux cadeaux de la vie…

COMMENT PRÉVENIR LA CONSOMMATION D’ALCOOL ET DE DROGUE ?

À l’invitation du comité de parents de la Commission scolaire de Montréal (CSDM), Geneviève Lefebvre, directrice générale du Centre québécois de lutte aux dépendances, donnera une conférence gratuite mercredi à l’école Marguerite-De Lajemmerais au sujet des problèmes de consommation « en émergence ou réels » chez les adolescents. Mais avant, elle a fait part à La Presse de quatre facteurs de protection que les parents peuvent mettre en place pour prévenir la toxicomanie.

RELATION DE QUALITÉ

« C’est la base de tout, dit Mme Lefebvre. Si on ne garde pas une relation de qualité avec notre adolescent, c’est-à-dire une relation où il y a de l’amour, de l’affection et où on s’intéresse à lui, c’est très difficile d’établir les autres facteurs de protection familiale. Si on compare les facteurs de protection à des poupées russes, avoir une relation de qualité, c’est la plus grosse poupée, celle qui contient les autres. »

Évidemment, ça peut être un défi quand l’enfant grandit. « L’adolescence se veut un moment où le jeune va être en quête d’identité, où il va essayer de challenger certaines valeurs familiales, reconnaît l’experte, qui compte 23 ans d’expérience dans la lutte contre les dépendances. Mais il faut garder une proximité émotionnelle. »

COMMUNICATION EFFICACE

« Les parents doivent avoir un rôle proactif et nommer ce qui est clairement acceptable ou pas dans leur famille, indique Mme Lefebvre. Est-ce que c’est permis, pour leur adolescent, de boire de l’alcool ? Fumer un joint à 17 ans, c’est adéquat ? Il faut qu’ils se posent ces questions. »

Pour être efficace, la communication doit fonctionner dans les deux sens. « Le parent doit être ouvert à entendre ce que le jeune a à dire, même si ça ne fait pas toujours son affaire, conseille la criminologue de formation. Il faut être ouvert à davantage de négociation, tout en disant quelles sont nos valeurs. »

DISCIPLINE GAGNANT-GAGNANT

Le parent d’un jeune enfant est souvent directif. « À l’adolescence, il faut qu’il y ait un transfert dans le style disciplinaire, qui doit devenir gagnant-gagnant, estime Mme Lefebvre. Le parent garde son rôle de parent, en disant ce qui est acceptable ou pas. Il y a des choses qui sont non négociables. Mais il faut que le parent soit prêt à négocier d’autres choses, qui ne mettent pas le jeune à risque. Autant le parent que le jeune doivent sentir qu’il y a des raisons derrière les règles, qu’on les comprend et qu’ensemble, on en arrive à un certain compromis. »

BONNES STRATÉGIES DE RÉSOLUTION DE CONFLITS

« Le conflit, dans une famille, c’est inévitable, tranche Mme Lefebvre. On a à se positionner, à protéger notre enfant en disant : « Tu ne peux pas faire ça. » »

Est-ce inquiétant ? « Ce qu’on voit en recherche, c’est que ce n’est pas le nombre de petits conflits qui est grave, indique l’experte. C’est davantage l’empreinte émotionnelle que peut causer un conflit. Si on commence à traiter le jeune de tous les noms, si on le rabaisse, si ça cause un impact émotionnel négatif chez lui, on le met à risque de développer un problème de consommation. »

Il y a de bonnes façons de gérer les conflits. « À un moment donné, il faut lâcher prise sur certaines choses, recommande Mme Lefebvre. Il faut regarder ce qui est le plus important, et gérer les conflits de manière à ne jamais blesser l’enfant. Ça, c’est une règle non négociable. »

PEUT-ON LAISSER LES ADOS BOIRE DE L’ALCOOL ?

« Considérant que l’alcool peut nuire au développement du cerveau et du corps, les jeunes devraient retarder l’âge de leur première consommation d’alcool, idéalement après l’âge adulte, répond Geneviève Lefebvre. S’ils décident de boire de l’alcool, ils devraient le faire en suivant les directives de consommation à faible risque : une à deux consommations, une à deux fois par semaine, sous supervision parentale. »

Plus d’information sur la conférence :

http://csdm.ca/calendrier/?id=i0p4vhn10l6uh21c3okg9l44s4@google.com

Référence:  La Presse+, 21 mars 2016, Marie Allard, « Comment prévenir la consommation d’alcool et de drogue? »

« Mon bébé a des coliques… »

Hier, j’ai reçu une maman en consultation.  Son bébé âgé de 3 1/2 semaines l’accompagnait.  Bébé est allaité exclusivement.  Maman est inquiète.  Chaque jour, bébé a des périodes où il pleure, se tortille, passe des gaz, son ventre se durcit.  Maman essaie de lui offrir le sein – bébé en veut, il n’en veut pas… « C’est simple, il a des coliques. J’ai commencé à couper les produits laitiers dans mon alimentation. » Maman se demandait si elle pouvait lui donner des probiotiques.

Le 19 janvier 2016, Catherine Handfield, La Presse+, a posé la question à Dre Valérie Marchand, gastroentérologue pédiatre à l’hôpital Sainte-Justine et ancienne présidente du comité de nutrition de la Société canadienne de pédiatrie.  Dre Marchand disait, entre autres:

  • Les probiotiques peuvent avoir des bénéfices dans certaines situations cliniques, mais de là à en donner d’emblée à un enfant pour améliorer sa santé intestinale… Je pense qu’il y a bien d’autres choses qu’on peut faire avant ça.
  • Les probiotiques qui sont dans l’intestin vont effectivement renforcer la fonction de barrière entre l’intérieur de l’intestin et le sang en augmentant la production du mucus et en augmentant le lien entre les cellules. Ça diminue la perméabilité intestinale. Maintenant, est-ce que ça va diminuer la pénétration de microbes dans la muqueuse intestinale ? Peut-être. L’autre chose qu’on veut, c’est que les protéines alimentaires ne pénètrent pas intactes dans le sang pour éviter de créer des allergies alimentaires. Des études ont montré que certains probiotiques peuvent réduire le risque, chez les bébés, de devenir allergiques, mais les études ne sont pas toutes significatives à cet égard.
  • Il y a d’autres façons de moduler la flore intestinale. Notre flore intestinale est établie très tôt dans la vie, vers 6, 12 mois. On prend des probiotiques, on modifie notre flore intestinale. On arrête d’en prendre, et quelques jours après, la flore intestinale revient à ce qu’elle était.  Comment peut-on moduler la flore intestinale de son enfant?  Par l’allaitement maternel, qui est la manière la plus intéressante, la plus durable et la plus efficace, ainsi que par l’alimentation, en diminuant l’exposition à des antibiotiques…

Ceux qui sont intéressés par ce sujet peuvent consulter le document de principes de la Société canadienne de pédiatrie, « L’utilisation des probiotiques au sein de la population pédiatrique« .

Maintenant, les coliques, les pleurs… Voici ce que certaines sources en disent…

Naître et grandir, les coliques

Les pleurs sont une chose parfaitement normale : ils sont souvent la seule façon qu’a un bébé de s’exprimer. Un bébé pleure s’il a faim, s’il a froid, si sa couche est mouillée… et c’est aussi parfois une façon pour lui de s’apaiser par lui-même. Cependant, certains nourrissons pleurent plus que d’autres, sans raison apparente. On a beau les nourrir adéquatement, les tenir au chaud, les cajoler, rien n’y fait. On dit d’eux qu’ils ont des coliques, bien que ce ne soit pas nécessairement le cas. En fait, on ne sait pas ce qui cause leur comportement. Le terme colique désigne une douleur au côlon. Selon les données connues, 10 % à 15 % des nourrissons souffriraient de coliques.

Un bébé qui a des coliques est, par ailleurs, un enfant en bonne santé. Il a un réflexe de succion normal. Il mange bien. Il ne vomit pas (mais c’est normal qu’il régurgite de temps à autre). Il ne fait pas de fièvre. Il n’est pas léthargique . Ses selles sont normales. De plus, il a toujours un gain de poids satisfaisant.

 

Société canadienne de pédiatrie, les coliques et les pleurs

Les bébés en santé pleurent. C’est leur manière d’exprimer leurs besoins et de communiquer avec les personnes qui les entourent. La plupart du temps, vous réagissez en donnant à votre bébé ce dont il a besoin : vous le nourrissez, l’aidez à s’endormir, changez sa couche ou lui faites des câlins. Les pleurs sont très utiles pour les bébés, parce qu’ils dépendent des autres pour répondre à tous leurs besoins.

Il arrive toutefois que même les parents les plus affectueux ne réussissent pas à calmer les pleurs de leur bébé. Ce n’est pas leur faute.

Lorsqu’un bébé pleure beaucoup et longtemps (sans interruption), même s’il a été nourri, changé et câliné, on dit souvent que c’est un bébé à coliques. On a longtemps pensé que les coliques étaient un « état ». Certains bébés en ont, d’autres non.

Toutefois, d’après de nouvelles données, ce qu’on appelle les coliques ferait partie du développement normal du bébé. Au début de leur vie, tous les bébés vivent une période au cours de laquelle ils pleurent plus qu’en toute autre période.

Chaque bébé est différent. Pendant cette période « de pointe », qui dure généralement de 3 à 8 semaines, certains bébés pleurent beaucoup plus que d’autres. Leurs pleurs peuvent sembler plus énergiques et peuvent être plus difficiles (parfois impossibles) à consoler.

La bonne nouvelle? D’abord, ces pleurs sont normaux. Ils n’ont aucun effet à long terme sur votre bébé. Ensuite, ils ne se prolongeront pas indéfiniment. Cette période de pleurs vigoureux et intenses (et inexpliqués) peut s’arrêter tout aussi rapidement qu’elle a commencé ou diminuer graduellement au fil du temps. En général, ils sont chose du passé lorsque votre enfant atteint 3 ou 4 mois.

 

Hôpital de Montréal pour enfants, Coliques

Un bébé qui souffre de coliques pleure beaucoup, en général plus de 3 heures par jour; mais chez certains enfants, la crise peut durer encore plus longtemps. En général, les pleurs débutent vers la même heure, souvent en début en soirée.
Les coliques sont fréquentes. On estime qu’au moins 1 ou 2 bébés sur 10 ont des coliques pendant leur petite enfance. Mais il est important de se rappeler que même s’il est difficile de prendre soin d’un bébé qui souffre de coliques, celles-ci ne sont pas dangereuses.

On a souvent l’impression que les bébés qui ont des coliques souffrent de douleurs abdominales, mais la véritable cause demeure inconnue.

Je termine avec Dr Brazelton, pédiatre américain, « Les pleurs en fin de journée » dans Votre enfant et son sommeil, pages 39 et 40

Vers trois semaines, une période de pleurs en fin de journée a de fortes chances de s’instaurer.  Des mères m’ont dit qu’elles peuvent prévoir cette phase d’énervement ou d’irritation car leur bébé commence à s’agiter, à être trop facilement hyperstimulé et à se montrer souvent inconsolable.  Elles me disent aussi qu’après ces pleurs leur bébé dort mieux.  Une fois que le parent a vérifié qu’il ne s’agit pas de faim, d’inconfort ou de douleur, le bébé peut avoir besoin de pleurer pour libérer la surcharge de son système nerveux immature.  Après ce laps de temps, suivi de nombreux apaisements et renvois, en général le bébé se calme et s’endort.  Un peu comme s’il avait fini par s’épuiser et avait évacué son trop-plein d’énergie nerveuse.  Cette capacité à s’endormir par la suite fait mieux accepter la période de pleurs.

« Bébé a des coliques – c’est la faute de ce que maman mange! »

Des fois, j’ai l’impression que tout est de la faute des mères 🙂  J’exagère, je sais… Il faut quand même se dire que bébé allaité est habitué à l’alimentation de sa maman: quand il était dans le ventre de sa maman, il buvait du liquide amniotique, liquide qui goûtait l’alimentation de sa maman.  Si maman n’a pas d’allergie diagnostiquée, si elle n’a pas eu à suivre une diète particulière pendant sa grossesse, son alimentation était probablement variée et son bébé a été « exposé » au brocoli, au chou, au beurre d’arachides, aux oignons, etc.  À moins d’une indication médicale particulière, en période d’allaitement, maman peut donc continuer à manger ce qu’elle mangeait pendant sa grossesse… Oui, chez certains bébés, quand maman coupe certains aliments, il va mieux. En même temps, il faut reconnaître que maman a été en gestation, a accouché et maintenant allaite; son corps a besoin d’énergie, de calories, de vitamines et de minéraux.  Maman a aussi besoin d’énergie et de nutriments pour une tâche incommensurable, s’occuper de son bébé, 24 heures par jour, 7 jours par semaine. Je rencontre des mamans qui en sont à boire et à manger… pas grand chose tellement elles ont tout coupé dans leur alimentation.  Je ne sais pas pour vous, mais moi, quand j’ai faim, je me sens moins patiente…  Donc, d’un côté, on aurait un bébé qui pleure peut-être un peu moins et de l’autre, une maman sûrement affamée, épuisée qui pleure parce qu’elle manque d’énergie et de patience pour s’occuper de son bébé – pas génial.

Les articles précités démontrent qu’il y a une part de « normalité » aux pleurs du bébé. « Normalité »… un bien grand mot… Si les pleurs, les tétées groupées, les coliques font partie de la vie normale d’un bébé normal, je reconnais aussi qu’il y a des bébés qui peuvent avoir du reflux, qui peuvent avoir mal au ventre – ce sont les parents de ce bébé qui connaissent le mieux ce bébé.  Quand des parents croient qu’il y a un problème, je crois que maman et les siens ont besoin d’être accompagnés par une équipe – médecin, diététiste, infirmière, consultante en lactation, afin de d’avoir un plan qui tienne bien compte de chaque membre de la famille, un plan qui s’assure que maman reçoit tous les nutriments dont elle a besoin.  Est-il nécessaire de tout couper et de tout couper d’un coup? Peut-on y aller par étapes? Peut-on faire des essais de réintroduction de certains aliments tenant compte que le système digestif de bébé, très immature, change beaucoup durant la première année?  Le plan envisagé doit être souple et revu souvent car bébé est en croissance constante.

J’ai trouvé cet article de la Leche League France, « Les coliques et le bébé allaité » .  Il est question, entre autres, du lait de maman contenant du lactose en début de tétée et plus de gras vers la fin de la tétée.  Si ça aide, tant mieux…

Il y a des papas (ou toute autre personne du « village ») qui sont devenus experts en bébé qui pleure… Quand la période des « pleurs-coliques » commence, maman va prendre un bain (ou une marche ou un café avec une amie) et papa s’occupe de bébé, l’emmène faire un tour d’auto.  Le jour, pendant que maman travaille à l’intérieur 🙂 papa travaille à l’extérieur, il côtoie d’autres adultes. Les pleurs de son bébé le touchent sauf qu’il en a, parfois, une autre perspective…  Une maman demandait à une voisine adolescente de venir, en fin de journée, bercer bébé pendant que maman préparait le souper.  Si on sait que bébé est en bonne santé, toutes les solutions sont bonnes…

Comme dit la La Leche League France: « Il faut être patient : le temps arrangera les choses, quoi qu’on fasse. Les laits artificiels ne sont pas la solution. »

Je reprends ce que je disais à propos des pleurs... Votre bébé est en bonne santé et il pleure… D’après vous, quel devrait être votre but…? Arrêter ses pleurs à tout prix ou plutôt reconnaître ses pleurs et lui « prêter » une épaule compatissante pour pleurer ce qu’il a à pleurer…?  Demain, votre bébé sera un homme de 17 ans et sa première blonde le quittera et il aura beaucoup de peine.  Ce qui effacerait son chagrin, c’est de ravoir sa belle… mais ce sera impossible.  À ce moment-là, les mots seront superflus, comme aujourd’hui, il aura besoin de savoir qu’il n’est pas tout seul dans sa peine, il aura besoin de votre épaule compatissante…

En terminant

Ceci étant dit, maman-papa, vous devez bien prendre soin de vous… Un bébé, c’est exigeant et encore plus quand il pleure: vous avez beau vous raisonner qu’il est en bonne santé, c’est tout un stress, pour un parent, de prêter une épaule compatissante à son bébé qui pleure.  Vous pouvez vous sentir dépassé(e), exaspéré(e), excédé(e) – vous vivez des émotions normales.   Quand vous vivez ces émotions, alors, STOP.

  • Déposez bébé sur le dos, dans son lit, les côtés remontés.  Il continuera de pleurer et il sera en sécurité.
  • Vous, allez prendre une douche, prendre l’air sur le balcon, appeler quelqu’un qui peut vous écouter ventiler et/ou venir vous relayer auprès de bébé.
  • Retournez voir votre bébé quand vous aurez repris pied ou quand la personne que vous avez appelée est arrivée.

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Stress parental et enfant

Le mardi 26 janvier 2016, Sonia Lupien Ph. D. a donné une entrevue d’une dizaine de minutes à Radio-Canada, « Les effets du stress parental sur les enfants« 

Éducation des enfants : gare à l’attention divisée  

Menée sur des rats, l’étude de chercheurs californiens nécessite des recherches plus approfondies chez les humains, mais démontre clairement l’effet dévastateur d’une activité mentale partagée.

« La Dre Baram m’a présenté une vidéo spectaculaire, raconte Sonia Lupien. Quand elle a étudié le comportement de ces petits rats à l’adolescence, elle a observé que les petits des mères qui avaient un comportement fragmenté affichaient moins de comportements liés aux jeux et au plaisir en général. Ce ne sont pas des petits qui ont vraiment le goût de jouer. Ce dont elle se rend compte, c’est que ce qui stresse le bébé, c’est la fragmentation du comportement maternel, et non le comportement lui-même. »

Sonia Lupien Ph. D. brosse un tableau des études des effets du stress parental sur l’enfant.  Les études ont été effectuées sur des rats et il est question des mères car, chez les mammifères, ce sont les mamans qui s’occupent des bébés et ce, pour toutes les espèces sauf une: le papa hamster californien reste s’occuper de son bébé.

En 1950, on se demandait si un nouveau-né rat répondait au stress? Il n’avait aucune réaction… en autant qu’il restait avec maman, maman servant de « tampon protecteur ».  Les études se sont poursuivies: si les bébés rats sont séparés sur une courte période de temps, la maman a des comportements de retrouvailles très accentués (léchage du bébé, entre autres).  Par contre, si la séparation est plus longue, maman lèche moins son bébé lors des retrouvailles.

En 1990, on a poursuivi les expériences avec mamans et bébés rats.  Il a été découvert qu’une maman qui avait des comportements de faible toilettage avait un bébé plus réactif au stress.  On a donc croisé les 2 groupes: d’une part, maman faible toilettage avec bébé moins réactif au stress (né d’une maman fort toilettage) et d’autre part, maman fort toilettage avec bébé plus réactif au stress (né d’une maman faible toilettage).  Le résultat: le bébé né d’une maman-faible toilettage jumelé à une maman-fort toilettage grandit en devenant un rat moins réactif au stress.  Donc… le stress du bébé ne serait pas génétique mais relié au comportement de toilettage de la maman avec qui il vit.

 Maintenant, chez les humains… Dernièrement, Dre Lupien a rencontré Tallie Z. Baram M.D. Ph.D. et Curt A. Sandman, University of California, Irvine.  Des observations d’une maman avec son bébé âgé d’un an ont eu lieu: on les observe jouer, vivre ensemble, tout simplement.  Il a été démontré que si maman qui avait un comportement fragmenté, son bébé était stressé.  L’intrusion des technologies, par exemple, peut amener un comportement fragmenté sans pour autant être la seule cause…  Dans le même sens, une maman qui utilise son cellulaire n’aura pas nécessairement un comportement fragmenté.  C’est une indication… nos enfants ont besoin de stabilité… au moins 30 secondes…

Pour en savoir plus…