Pour allaiter, ça prend…

Pour allaiter, ça prend… un bébé, une maman qui nourrit bébé…  un papa qui « nourrit » maman, des grands-parents qui « nourrissent » papa et sa nouvelle famille.  La nourriture dont il est question ici, c’est une nourriture d’amour et de santé.

Aujourd’hui, j’ai eu l’idée de vous parler de trois éléments de l’allaitement : le coussin d’allaitement, la crème APNO, le tire-lait.  Pourquoi?  Parce qu’il m’arrive souvent de retrouver ces trois éléments impliqués dans un allaitement difficile.

Nous sommes jeudi.  Une maman m’appelle : elle a accouché le dimanche précédent.  Elle a quitté l’hôpital le mercredi avec de la douleur, des plaies aux mamelons, la crème All Purpose Nipple Ointment (APNO) et son bébé 🙂 ….  Lors de notre rencontre le jeudi, maman m’explique qu’elle met la crème APNO depuis la naissance de son bébé, plusieurs fois par jour, sur chaque mamelon, avec ses doigts.  Depuis la veille, le mercredi, la plaie d’un mamelon fait tellement mal qu’elle exprime du lait de ce sein avec un tire-lait électrique simple et elle donne ce lait à son bébé avec un tube à l’autre sein.  J’invite maman à s’installer pour allaiter.  Elle s’assoit dans une chaise/un fauteuil, elle met le coussin d’allaitement sur ses genoux et elle dépose bébé sur le coussin.  Elle penche son corps vers bébé.  Elle se crispe juste à l’idée que bébé prenne son sein et son mamelon crevassé, croûté.

Le coussin d’allaitement : J’invite papa à regarder maman et bébé… bébé est plus haut que le sein de maman.  Pour cette maman, assise dans ce fauteuil/cette chaise, le coussin n’était pas nécessaire et  peut-être même qu’il contribuait, en partie, à la douleur ressentie par cette maman.  J’ai aidé maman:  elle s’est inclinée vers l’arrière, son bébé était sur elle, son nez vers le mamelon de maman.  Avec son bras, maman entourait le corps de son bébé, une main sur ses fesses. Pour son confort, j’ai roulé une couverture sous le bras qui tenait bébé. La douleur a baissé, de ce côté puis de l’autre ensuite. En prime, maman avait une main libre pour prendre une collation avec des protéines…

Donc, oui, le coussin d’allaitement, dans des circonstances bien précises…

La crème APNO : De plus en plus de mamans quittent l’hôpital avec des plaies, de la douleur ET la crème All Purpose Nipple Ointment, APNO. Cette crème est composée d’un antibiotique, d’un antifongique, d’un corticostéroïde.  Oui, c’est une bonne idée de donner une prescription à maman lors de son congé de sorte qu’elle n’est pas obligée de re-consulter avec un nouveau-né.  Par contre, je crois qu’il faut utiliser cette crème à bon escient.

  • D’un côté, je considère cette crème  comme une paire de béquilles utilisée le temps de réparer les blessures – cette crème n’est pas magique. Il faut que maman trouve l’aide nécessaire pour que la prise soit efficace et donc, sans douleur… et si maman n’a plus de douleur, que ses plaies guérissent, la crème ne sera plus nécessaire.
  • L’autre facteur bien important, c’est que cette crème, ce n’est pas rien… Avez-vous remarqué que Polysporin© contient maintenant trois antibiotiques…?  La résistance des bactéries aux antibiotiques, c’est donc bien réel… À voir l’utilisation fréquente de cette crème APNO, je me demande toujours à quel moment elle ne sera plus efficace et ce qu’on devra utiliser à la place…
  • Avant d’essayer la crème APNO, qu’est-ce qu’on a fait…?  Dans l’article « Interventions for treating painful nipples among breastfeeding women » (2014), Dennis CL, Jackson K, Watson J, pages 31 et 32, parlent de l’efficacité du lait maternel sur les mamelons blessés…
  • La meilleure façon de nettoyer une plaie, c’est avec de l’eau et du savon et aussi l’action mécanique de frotter.  C’est valable pour les plaies aux mamelons… ces plaies doivent être lavées, sous la douche quotidienne, et être bien asséchées par la suite.
  • Si maman met une crème sur ses mamelons, je suggère toujours qu’elle utilise un coton-tige pour prendre la crème, plutôt que son doigt, simplement pour éviter une contamination.
  • Si maman a une plaie à un mamelon, je lui suggère d’utiliser une compresse d’allaitement jetable et de la changer souvent.

Donc, oui, la crème APNO, peut-être après avoir essayé d’autres solutions…?

Le tire-lait : Maman avait tellement de douleur qu’elle exprimait le lait d’un sein et donnait celui qui était moins endommagé.  Elle faisait cela presque depuis la naissance du bébé. Cette maman avait beaucoup de lait, ses seins étaient gorgés de lait.

  • Le tire-lait, c’est un excellent outil… pour le lait… Pendant la phase du colostrum, il est suggéré d’exprimer le colostrum avec les mains car on risque de perdre les quelques gouttes de colostrum, très collant, dans la tuyauterie du tire-lait.  Ensuite, si bébé est malade, qu’il ne peut prendre le sein immédiatement, le tire-lait est l’outil approprié et ce serait une excellente idée que maman soit accompagnée dans cette situation difficile.
  • Quand une maman exprime du lait pour son confort, je privilégie l’expression manuelle : maman peut palper son sein, le masser, mettre la force appropriée pour éviter de se blesser.  En prime, ce qu’elle exprime avec ses mains, c’est souvent la « bonne quantité » pour se sentir moins engorgée et elle évite peut-être de créer une plus grande production de lait en se branchant au tire-lait.  En plus, nos mains nous suivent partout.  Bien sûr, ça prend de la pratique pour devenir habile à exprimer du lait avec ses mains… et oui, je connais des mamans qui réussissent à exprimer du lait avec leurs mains, avec de la pratique et des trucs pour faire monter l’hormone ocytocine dans leur corps.

Donc, oui, le tire-lait, dans des circonstances bien précises…

Donc, pour allaiter, ça prend… un bébé, une maman qui nourrit bébé…  un papa qui « nourrit » maman, des grands-parents qui « nourrissent » papa et sa nouvelle famille.  La nourriture dont il est question ici, c’est une nourriture d’amour et de santé. Avant d’utiliser des outils, ce serait peut-être approprié de regarder dans le village: il y aurait peut-être une personne qui pourrait accompagner la nouvelle famille dans ses premiers pas sur le chemin de la vie…  Moi, je suis disponible pour vous… contactez-moi 🙂

1990-07-15 Louise, CA, JF

« La qualité de la relation, c’est la base de tout »

Adolescence – alcool et drogue… je sais… vous êtes probablement loin de cela. En même temps, force est de constater que le temps file… votre tout-petit d’aujourd’hui sera votre ado, demain.  Dans cet article de La Presse+ du 21 mars 2016 (Marie Allard), madame Lefebvre, directrice générale du Centre québécois de lutte aux dépendances, dit aux parents d’ado que la qualité de la relation, c’est la base de tout Et moi, je crois qu’une relation de qualité, ça se prépare petit à petit, au fil des jours, au fil de la vie.

« Si on ne garde pas une relation de qualité avec notre adolescent, c’est-à-dire une relation où il y a de l’amour, de l’affection et où on s’intéresse à lui, c’est très difficile d’établir les autres facteurs de protection familiale. Si on compare les facteurs de protection à des poupées russes, avoir une relation de qualité, c’est la plus grosse poupée, celle qui contient les autres. »

Bâtir une relation, ça fait partie du travail de parent… Bâtir une relation de qualité avec son enfant, ça fait partie des rêves de tout parent.  Maman, quand avez-vous commencé la construction du lien avec votre enfant?  Quand il était dans votre ventre? Quand il faisait partie de vos projets?  Quand il est né?  À quelle fréquence nourrissez-vous cette relation? Quels ingrédients mettez-vous dans cette relation? De la joie, de l’amour, de l’humour, de l’amour, de l’empathie, de la compassion, de la tendresse, de l’amour et encore de l’amour…?  Peut-être votre lait…?  D’autres ingrédients…?

Vous et votre enfant êtes sûrement en liens avec d’autres personnes.  L’autre parent de votre enfant… qu’en est-il de la construction de son lien avec cet enfant…?  Et vous avec votre partenaire… qu’en est-il de votre lien de conjoints…? de votre lien de parents…?  Et votre famille… quels liens unissent ses membres? Quels ingrédients nourrissent votre famille…?  Quelles personnes gravitent autour de votre famille…? Quels liens unissent votre famille avec ces personnes…?

L’article de Marie Allard cible la relation des ados avec ses parents… vous conviendrez avec moi que cet article peut s’appliquer à toute relation… Une relation de qualité avec ceux qui sont dans notre cœur, ça se bâtit peu à peu, au fil de la vie, ça prend du temps, un peu-beaucoup à différents moments, ça prend aussi des ingrédients spéciaux tout autant que cette relation est spéciale.  Une relation de qualité avec ceux qui sont dans notre cœur, c’est comme une plante… il faut en prendre soin…  Une relation de qualité avec ceux qui sont dans notre cœur, autant ça peut parfois être difficile à vivre, autant ça peut aussi être un des beaux cadeaux de la vie…

COMMENT PRÉVENIR LA CONSOMMATION D’ALCOOL ET DE DROGUE ?

À l’invitation du comité de parents de la Commission scolaire de Montréal (CSDM), Geneviève Lefebvre, directrice générale du Centre québécois de lutte aux dépendances, donnera une conférence gratuite mercredi à l’école Marguerite-De Lajemmerais au sujet des problèmes de consommation « en émergence ou réels » chez les adolescents. Mais avant, elle a fait part à La Presse de quatre facteurs de protection que les parents peuvent mettre en place pour prévenir la toxicomanie.

RELATION DE QUALITÉ

« C’est la base de tout, dit Mme Lefebvre. Si on ne garde pas une relation de qualité avec notre adolescent, c’est-à-dire une relation où il y a de l’amour, de l’affection et où on s’intéresse à lui, c’est très difficile d’établir les autres facteurs de protection familiale. Si on compare les facteurs de protection à des poupées russes, avoir une relation de qualité, c’est la plus grosse poupée, celle qui contient les autres. »

Évidemment, ça peut être un défi quand l’enfant grandit. « L’adolescence se veut un moment où le jeune va être en quête d’identité, où il va essayer de challenger certaines valeurs familiales, reconnaît l’experte, qui compte 23 ans d’expérience dans la lutte contre les dépendances. Mais il faut garder une proximité émotionnelle. »

COMMUNICATION EFFICACE

« Les parents doivent avoir un rôle proactif et nommer ce qui est clairement acceptable ou pas dans leur famille, indique Mme Lefebvre. Est-ce que c’est permis, pour leur adolescent, de boire de l’alcool ? Fumer un joint à 17 ans, c’est adéquat ? Il faut qu’ils se posent ces questions. »

Pour être efficace, la communication doit fonctionner dans les deux sens. « Le parent doit être ouvert à entendre ce que le jeune a à dire, même si ça ne fait pas toujours son affaire, conseille la criminologue de formation. Il faut être ouvert à davantage de négociation, tout en disant quelles sont nos valeurs. »

DISCIPLINE GAGNANT-GAGNANT

Le parent d’un jeune enfant est souvent directif. « À l’adolescence, il faut qu’il y ait un transfert dans le style disciplinaire, qui doit devenir gagnant-gagnant, estime Mme Lefebvre. Le parent garde son rôle de parent, en disant ce qui est acceptable ou pas. Il y a des choses qui sont non négociables. Mais il faut que le parent soit prêt à négocier d’autres choses, qui ne mettent pas le jeune à risque. Autant le parent que le jeune doivent sentir qu’il y a des raisons derrière les règles, qu’on les comprend et qu’ensemble, on en arrive à un certain compromis. »

BONNES STRATÉGIES DE RÉSOLUTION DE CONFLITS

« Le conflit, dans une famille, c’est inévitable, tranche Mme Lefebvre. On a à se positionner, à protéger notre enfant en disant : « Tu ne peux pas faire ça. » »

Est-ce inquiétant ? « Ce qu’on voit en recherche, c’est que ce n’est pas le nombre de petits conflits qui est grave, indique l’experte. C’est davantage l’empreinte émotionnelle que peut causer un conflit. Si on commence à traiter le jeune de tous les noms, si on le rabaisse, si ça cause un impact émotionnel négatif chez lui, on le met à risque de développer un problème de consommation. »

Il y a de bonnes façons de gérer les conflits. « À un moment donné, il faut lâcher prise sur certaines choses, recommande Mme Lefebvre. Il faut regarder ce qui est le plus important, et gérer les conflits de manière à ne jamais blesser l’enfant. Ça, c’est une règle non négociable. »

PEUT-ON LAISSER LES ADOS BOIRE DE L’ALCOOL ?

« Considérant que l’alcool peut nuire au développement du cerveau et du corps, les jeunes devraient retarder l’âge de leur première consommation d’alcool, idéalement après l’âge adulte, répond Geneviève Lefebvre. S’ils décident de boire de l’alcool, ils devraient le faire en suivant les directives de consommation à faible risque : une à deux consommations, une à deux fois par semaine, sous supervision parentale. »

Plus d’information sur la conférence :

http://csdm.ca/calendrier/?id=i0p4vhn10l6uh21c3okg9l44s4@google.com

Référence:  La Presse+, 21 mars 2016, Marie Allard, « Comment prévenir la consommation d’alcool et de drogue? »

Fanfreluche…!

Vous souvenez vous de la chanson

« Fanfreluche va raconter, un beau conte à sa manière…

Fanfreluche va raconter, un beau conte pour vous amuser….

un beau conte..un beau conte….un beau conte pour vous amuser! »

Aujourd’hui, c’est moi qui vous raconte une histoire…  🙂

Une amie m’écrit ce matin:

« Louise, j’ai vu que tu as mis sur ta page FB… les cours prénataux gratuits de l’infirmière Fortier… Ils sont financés par Nestlé!!! et une compagnie pharmaceutique ».

 J’ai récrit à cette amie car je ne trouve pas où j’ai mis ça sur ma page FB…enfin.  Oui, c’est vrai qu’hier soir, j’ai cliqué sur cette nouvelle: « Des cours prénataux en ligne et gratuits – ICI Radio-Canada.ca« .  Je m’intéresse à ce qui s’écrit, se fait concernant la santé et plus particulièrement sur l’allaitement, la périnatalité, la petite enfance, l’attachement, la famille.  Je crois que mon rôle, auprès des familles, en est un d’accompagnatrice.  En tant que professionnelle, je ne donne pas mon avis personnel ni de conseil, je ne dis pas quoi faire car je reconnais maman-papa comme les spécialistes de leur famille.  En tant que professionnelle, je donne plutôt des résultats probants afin que maman-papa prennent une décision la plus éclairée possible dans leur famille.  Marie Fortier publie des cours prénataux sur le web et c’est gratuit – c’est certain que je vais prendre le temps de regarder cela car je suis convaincue que plusieurs familles suivront cette formation.  Je veux être en mesure de guider les parents qui utiliseront cet outil.

En tant que professionnelle, je soutiens et je recommande l’allaitement maternel comme le font plusieurs organismes dont Santé Canada, Gouvernement du Québec, Ordre des infirmières et infirmiers du Québec…  Étant infirmière et consultante en lactation, je suis « doublement » tenue de respecter ces recommandations.  Je dois, entre autres, respecter le Code de commercialisation des substituts du lait maternel.

Si vous avez un peu de temps, je vous propose une histoire… la santé des mamans et des bébés, le lait maternel, l’allaitement, l’OMS, l’UNICEF, l’IAB, …

L’Organisation mondiale de la santé(OMS) recommande:

L’allaitement maternel est un moyen sans égal de fournir une alimentation idéale pour la croissance et le développement en bonne santé du nourrisson; il fait aussi partie intégrante du processus reproducteur et il produit des effets importants sur la santé de la mère. Pour que sa croissance, son développement et sa santé soient optimaux, le nourrisson doit être exclusivement nourri au sein pendant les 6 premiers mois de vie: c’est là une recommandation de santé publique de portée mondiale.

Par la suite, en fonction de l’évolution de ses besoins nutritionnels, le nourrisson doit recevoir des aliments complémentaires sûrs et adéquats sur le plan nutritionnel tout en continuant d’être allaité jusqu’à l’âge de 2 ans ou plus. L’allaitement maternel exclusif depuis la naissance est possible sauf dans quelques situations médicales, et l’allaitement exclusif sans restriction conduit à une production tout à fait suffisante de lait maternel.

À la fin des années 1970, l’utilisation incorrecte et abusive des substituts au lait maternel et ses conséquences néfastes ont conduit de nombreuses organisations intergouvernementales et non-gouvernementales à réagir.  En octobre 1979, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et l’UNICEF (United Nations International Children’s Emergency Fund), deux organismes des Nations Unies, organisent une réunion internationale sur l’alimentation du nourrisson et du jeune enfant. Cette réunion rassemble des représentants des gouvernements, des experts médicaux, des agents de santé, des représentants des fabricants d’aliments infantiles, des associations de consommateurs et le Réseau international des groupes d’action pour l’alimentation infantile (IBFAN). Une des recommandations de cette réunion est la nécessité d’élaborer un Code destiné à encadrer les pratiques commerciales concernant l’alimentation infantile.
Ce Code est proposé dans sa version finale à l’Assemblée Mondiale de la Santé (AMS) de l’OMS en mai 1981, et sera approuvé par une écrasante majorité de 118 voix contre une (le vote négatif émanant des Etats-Unis).

Tiré de:  http://www.lllfrance.org/vous-informer/promotion-et-protection-de-l-allaitement/940, page consultée 2016-03-16

Le Code de commercialisation des substituts du lait maternel a pour objectif d’encourager l’allaitement maternel, et de le protéger en restreignant les pratiques commerciales agressives utilisées pour vendre des produits destinés à l’alimentation artificielle.  Ce Code de commercialisation des substituts du lait maternel est une recommandation faite aux gouvernements, invités à l’appliquer en prenant des mesures législatives ou réglementaires propres à leur situation nationale. C’est une exigence minimale, à l’origine de nombreuses autres actions concernant l’allaitement maternel.

Vous trouverez une version complète du Code de commercialisation des substituts du lait maternel à cette adresse:  http://www.who.int/nutrition/publications/code_french.pdf.

« Ensemble, décodons le code » est un document de 2 pages, intéressant.

Les hôpitaux et maternités montrent l’exemple aux nouvelles mères. Lancée en 1991, l’initiative Hôpitaux amis des bébés (IHAB) est un projet de l’UNICEF et de l’OMS dont l’objectif est de faire en sorte que toutes les maternités, qu’elles soient indépendantes ou situées dans un hôpital, deviennent des centres de soutien à l’allaitement maternel.

Une maternité peut prétendre à l’appellation « amie des bébés » lorsqu’elle n’accepte pas de substituts gratuits ou à bas prix du lait maternel, de biberons ou de tétines, et a mis en œuvre dix conditions précises en vue d’encourager un allaitement efficace.

Tiré de: http://www.unicef.org/french/nutrition/index_24806.html, page consultée 2016-03-16

Donc, la santé d’un enfant passe, entre autres, par les recommandations de l’OMS concernant leur alimentation durant ses deux premières années de vie et au-delà.  Pour guider le travail des professionnels, il y a un outil, le Code de commercialisation des substituts du lait maternel.  Ce code s’applique à tous les aliments présentés comme pouvant remplacer le lait maternel et il s’applique aussi aux tétines et aux biberons.  C’est simple et ça doit être non équivoque pour tous.

Bon, finies les histoires… Dans le cadre de mon cours PSY 7802 UQAM, mon travail de session sur les effets de la prématurité sur le lien maman-bébé est à remettre à la fin du mois…

Bonne journée!

Code et vaches

Tiré de IBFAN Penang, Malaisie, février 2005  « Protégeons la santé de nos bébés – manuel pour les professionnels de la santé: Le Code international de commercialisation des substituts du lait maternel »Page 7.

2016-03-28, Planète F, http://www.planetef.com/2016/03/des-cours-prenataux-en-ligne/

« Mon bébé a des coliques… »

Hier, j’ai reçu une maman en consultation.  Son bébé âgé de 3 1/2 semaines l’accompagnait.  Bébé est allaité exclusivement.  Maman est inquiète.  Chaque jour, bébé a des périodes où il pleure, se tortille, passe des gaz, son ventre se durcit.  Maman essaie de lui offrir le sein – bébé en veut, il n’en veut pas… « C’est simple, il a des coliques. J’ai commencé à couper les produits laitiers dans mon alimentation. » Maman se demandait si elle pouvait lui donner des probiotiques.

Le 19 janvier 2016, Catherine Handfield, La Presse+, a posé la question à Dre Valérie Marchand, gastroentérologue pédiatre à l’hôpital Sainte-Justine et ancienne présidente du comité de nutrition de la Société canadienne de pédiatrie.  Dre Marchand disait, entre autres:

  • Les probiotiques peuvent avoir des bénéfices dans certaines situations cliniques, mais de là à en donner d’emblée à un enfant pour améliorer sa santé intestinale… Je pense qu’il y a bien d’autres choses qu’on peut faire avant ça.
  • Les probiotiques qui sont dans l’intestin vont effectivement renforcer la fonction de barrière entre l’intérieur de l’intestin et le sang en augmentant la production du mucus et en augmentant le lien entre les cellules. Ça diminue la perméabilité intestinale. Maintenant, est-ce que ça va diminuer la pénétration de microbes dans la muqueuse intestinale ? Peut-être. L’autre chose qu’on veut, c’est que les protéines alimentaires ne pénètrent pas intactes dans le sang pour éviter de créer des allergies alimentaires. Des études ont montré que certains probiotiques peuvent réduire le risque, chez les bébés, de devenir allergiques, mais les études ne sont pas toutes significatives à cet égard.
  • Il y a d’autres façons de moduler la flore intestinale. Notre flore intestinale est établie très tôt dans la vie, vers 6, 12 mois. On prend des probiotiques, on modifie notre flore intestinale. On arrête d’en prendre, et quelques jours après, la flore intestinale revient à ce qu’elle était.  Comment peut-on moduler la flore intestinale de son enfant?  Par l’allaitement maternel, qui est la manière la plus intéressante, la plus durable et la plus efficace, ainsi que par l’alimentation, en diminuant l’exposition à des antibiotiques…

Ceux qui sont intéressés par ce sujet peuvent consulter le document de principes de la Société canadienne de pédiatrie, « L’utilisation des probiotiques au sein de la population pédiatrique« .

Maintenant, les coliques, les pleurs… Voici ce que certaines sources en disent…

Naître et grandir, les coliques

Les pleurs sont une chose parfaitement normale : ils sont souvent la seule façon qu’a un bébé de s’exprimer. Un bébé pleure s’il a faim, s’il a froid, si sa couche est mouillée… et c’est aussi parfois une façon pour lui de s’apaiser par lui-même. Cependant, certains nourrissons pleurent plus que d’autres, sans raison apparente. On a beau les nourrir adéquatement, les tenir au chaud, les cajoler, rien n’y fait. On dit d’eux qu’ils ont des coliques, bien que ce ne soit pas nécessairement le cas. En fait, on ne sait pas ce qui cause leur comportement. Le terme colique désigne une douleur au côlon. Selon les données connues, 10 % à 15 % des nourrissons souffriraient de coliques.

Un bébé qui a des coliques est, par ailleurs, un enfant en bonne santé. Il a un réflexe de succion normal. Il mange bien. Il ne vomit pas (mais c’est normal qu’il régurgite de temps à autre). Il ne fait pas de fièvre. Il n’est pas léthargique . Ses selles sont normales. De plus, il a toujours un gain de poids satisfaisant.

 

Société canadienne de pédiatrie, les coliques et les pleurs

Les bébés en santé pleurent. C’est leur manière d’exprimer leurs besoins et de communiquer avec les personnes qui les entourent. La plupart du temps, vous réagissez en donnant à votre bébé ce dont il a besoin : vous le nourrissez, l’aidez à s’endormir, changez sa couche ou lui faites des câlins. Les pleurs sont très utiles pour les bébés, parce qu’ils dépendent des autres pour répondre à tous leurs besoins.

Il arrive toutefois que même les parents les plus affectueux ne réussissent pas à calmer les pleurs de leur bébé. Ce n’est pas leur faute.

Lorsqu’un bébé pleure beaucoup et longtemps (sans interruption), même s’il a été nourri, changé et câliné, on dit souvent que c’est un bébé à coliques. On a longtemps pensé que les coliques étaient un « état ». Certains bébés en ont, d’autres non.

Toutefois, d’après de nouvelles données, ce qu’on appelle les coliques ferait partie du développement normal du bébé. Au début de leur vie, tous les bébés vivent une période au cours de laquelle ils pleurent plus qu’en toute autre période.

Chaque bébé est différent. Pendant cette période « de pointe », qui dure généralement de 3 à 8 semaines, certains bébés pleurent beaucoup plus que d’autres. Leurs pleurs peuvent sembler plus énergiques et peuvent être plus difficiles (parfois impossibles) à consoler.

La bonne nouvelle? D’abord, ces pleurs sont normaux. Ils n’ont aucun effet à long terme sur votre bébé. Ensuite, ils ne se prolongeront pas indéfiniment. Cette période de pleurs vigoureux et intenses (et inexpliqués) peut s’arrêter tout aussi rapidement qu’elle a commencé ou diminuer graduellement au fil du temps. En général, ils sont chose du passé lorsque votre enfant atteint 3 ou 4 mois.

 

Hôpital de Montréal pour enfants, Coliques

Un bébé qui souffre de coliques pleure beaucoup, en général plus de 3 heures par jour; mais chez certains enfants, la crise peut durer encore plus longtemps. En général, les pleurs débutent vers la même heure, souvent en début en soirée.
Les coliques sont fréquentes. On estime qu’au moins 1 ou 2 bébés sur 10 ont des coliques pendant leur petite enfance. Mais il est important de se rappeler que même s’il est difficile de prendre soin d’un bébé qui souffre de coliques, celles-ci ne sont pas dangereuses.

On a souvent l’impression que les bébés qui ont des coliques souffrent de douleurs abdominales, mais la véritable cause demeure inconnue.

Je termine avec Dr Brazelton, pédiatre américain, « Les pleurs en fin de journée » dans Votre enfant et son sommeil, pages 39 et 40

Vers trois semaines, une période de pleurs en fin de journée a de fortes chances de s’instaurer.  Des mères m’ont dit qu’elles peuvent prévoir cette phase d’énervement ou d’irritation car leur bébé commence à s’agiter, à être trop facilement hyperstimulé et à se montrer souvent inconsolable.  Elles me disent aussi qu’après ces pleurs leur bébé dort mieux.  Une fois que le parent a vérifié qu’il ne s’agit pas de faim, d’inconfort ou de douleur, le bébé peut avoir besoin de pleurer pour libérer la surcharge de son système nerveux immature.  Après ce laps de temps, suivi de nombreux apaisements et renvois, en général le bébé se calme et s’endort.  Un peu comme s’il avait fini par s’épuiser et avait évacué son trop-plein d’énergie nerveuse.  Cette capacité à s’endormir par la suite fait mieux accepter la période de pleurs.

« Bébé a des coliques – c’est la faute de ce que maman mange! »

Des fois, j’ai l’impression que tout est de la faute des mères 🙂  J’exagère, je sais… Il faut quand même se dire que bébé allaité est habitué à l’alimentation de sa maman: quand il était dans le ventre de sa maman, il buvait du liquide amniotique, liquide qui goûtait l’alimentation de sa maman.  Si maman n’a pas d’allergie diagnostiquée, si elle n’a pas eu à suivre une diète particulière pendant sa grossesse, son alimentation était probablement variée et son bébé a été « exposé » au brocoli, au chou, au beurre d’arachides, aux oignons, etc.  À moins d’une indication médicale particulière, en période d’allaitement, maman peut donc continuer à manger ce qu’elle mangeait pendant sa grossesse… Oui, chez certains bébés, quand maman coupe certains aliments, il va mieux. En même temps, il faut reconnaître que maman a été en gestation, a accouché et maintenant allaite; son corps a besoin d’énergie, de calories, de vitamines et de minéraux.  Maman a aussi besoin d’énergie et de nutriments pour une tâche incommensurable, s’occuper de son bébé, 24 heures par jour, 7 jours par semaine. Je rencontre des mamans qui en sont à boire et à manger… pas grand chose tellement elles ont tout coupé dans leur alimentation.  Je ne sais pas pour vous, mais moi, quand j’ai faim, je me sens moins patiente…  Donc, d’un côté, on aurait un bébé qui pleure peut-être un peu moins et de l’autre, une maman sûrement affamée, épuisée qui pleure parce qu’elle manque d’énergie et de patience pour s’occuper de son bébé – pas génial.

Les articles précités démontrent qu’il y a une part de « normalité » aux pleurs du bébé. « Normalité »… un bien grand mot… Si les pleurs, les tétées groupées, les coliques font partie de la vie normale d’un bébé normal, je reconnais aussi qu’il y a des bébés qui peuvent avoir du reflux, qui peuvent avoir mal au ventre – ce sont les parents de ce bébé qui connaissent le mieux ce bébé.  Quand des parents croient qu’il y a un problème, je crois que maman et les siens ont besoin d’être accompagnés par une équipe – médecin, diététiste, infirmière, consultante en lactation, afin de d’avoir un plan qui tienne bien compte de chaque membre de la famille, un plan qui s’assure que maman reçoit tous les nutriments dont elle a besoin.  Est-il nécessaire de tout couper et de tout couper d’un coup? Peut-on y aller par étapes? Peut-on faire des essais de réintroduction de certains aliments tenant compte que le système digestif de bébé, très immature, change beaucoup durant la première année?  Le plan envisagé doit être souple et revu souvent car bébé est en croissance constante.

J’ai trouvé cet article de la Leche League France, « Les coliques et le bébé allaité » .  Il est question, entre autres, du lait de maman contenant du lactose en début de tétée et plus de gras vers la fin de la tétée.  Si ça aide, tant mieux…

Il y a des papas (ou toute autre personne du « village ») qui sont devenus experts en bébé qui pleure… Quand la période des « pleurs-coliques » commence, maman va prendre un bain (ou une marche ou un café avec une amie) et papa s’occupe de bébé, l’emmène faire un tour d’auto.  Le jour, pendant que maman travaille à l’intérieur 🙂 papa travaille à l’extérieur, il côtoie d’autres adultes. Les pleurs de son bébé le touchent sauf qu’il en a, parfois, une autre perspective…  Une maman demandait à une voisine adolescente de venir, en fin de journée, bercer bébé pendant que maman préparait le souper.  Si on sait que bébé est en bonne santé, toutes les solutions sont bonnes…

Comme dit la La Leche League France: « Il faut être patient : le temps arrangera les choses, quoi qu’on fasse. Les laits artificiels ne sont pas la solution. »

Je reprends ce que je disais à propos des pleurs... Votre bébé est en bonne santé et il pleure… D’après vous, quel devrait être votre but…? Arrêter ses pleurs à tout prix ou plutôt reconnaître ses pleurs et lui « prêter » une épaule compatissante pour pleurer ce qu’il a à pleurer…?  Demain, votre bébé sera un homme de 17 ans et sa première blonde le quittera et il aura beaucoup de peine.  Ce qui effacerait son chagrin, c’est de ravoir sa belle… mais ce sera impossible.  À ce moment-là, les mots seront superflus, comme aujourd’hui, il aura besoin de savoir qu’il n’est pas tout seul dans sa peine, il aura besoin de votre épaule compatissante…

En terminant

Ceci étant dit, maman-papa, vous devez bien prendre soin de vous… Un bébé, c’est exigeant et encore plus quand il pleure: vous avez beau vous raisonner qu’il est en bonne santé, c’est tout un stress, pour un parent, de prêter une épaule compatissante à son bébé qui pleure.  Vous pouvez vous sentir dépassé(e), exaspéré(e), excédé(e) – vous vivez des émotions normales.   Quand vous vivez ces émotions, alors, STOP.

  • Déposez bébé sur le dos, dans son lit, les côtés remontés.  Il continuera de pleurer et il sera en sécurité.
  • Vous, allez prendre une douche, prendre l’air sur le balcon, appeler quelqu’un qui peut vous écouter ventiler et/ou venir vous relayer auprès de bébé.
  • Retournez voir votre bébé quand vous aurez repris pied ou quand la personne que vous avez appelée est arrivée.

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