Le temps, un allié…?

Il y a quelques jours, j’ai rencontré un famille.  Bébé a 6 semaines.  Maman allaite avec douleur, à gauche et à droite.  Ensemble, nous ajustons la prise et maman ressent beaucoup moins de douleur des deux côtés. Maman comprend les ajustements et peut les refaire.  Bébé a des tensions – dans ce cas-ci, bébé sera suivi avec une chiropraticienne.  Nous avions prévu nous revoir la semaine suivante.  Maman m’appelle: elle me dit que depuis notre rencontre, elle a moins de douleur mais elle n’a pu allaiter comme ça s’était passé lors de notre rencontre… Elle trouve cela difficile, elle est découragée…  Je la comprends, je ressens envers elle empathie, compassion, admiration pour son courage et sa ténacité. Je la respecte comme femme, comme maman et je respecte son autonomie, sa décision. Je lui laisse la place qu’elle a besoin pour parler de son expérience d’allaitement…  Ensuite, elle me demande mon avis…

Mon expérience professionnelle me démontre que, lorsque l’allaitement a démarré « de travers », c’est ensuite un processus, un « work in progress » de remettre l’allaitement « sur ses rails ».  Très souvent, quand je rencontre une famille, la prise est ajustée et maman allaite avec moins de douleur – ça démontre que, « techniquement », ça pourrait être possible d’atteindre cet objectif d’allaiter sans douleur.  Entre maintenant et l’atteinte probable de cet objectif, il y a du travail à faire… des paliers, quelques marches en haut, quelques marches en bas…  C’est encore plus vrai si, par malheur, maman a des blessures: même « une belle plaie propre non infectée » a besoin de temps pour guérir.  À la maison, maman éprouve très souvent de la difficulté à reproduire exactement de la même façon une prise avec moins de douleur … c’est normal… Allaiter, c’est comme une danse… ça prend de la pratique et il faut aussi, très souvent, défaire/désapprendre des gestes, des idées, des conseils reçus autour de la naissance d’un enfant, à un moment de vie très particulier, très intense, très chargé en émotions et oui, ça peut prendre du temps.  Oui, ça arrive que je rencontre une famille et d’un coup, la douleur tombe, maman retourne à la maison et la prise reste non douloureuse… (bien égoïstement, c’est génial pour mon ego 🙂 ) Dans ce cas, le processus aura été plus court… sauf que ces cas sont plutôt rares… voire même très rares.

L’autre point bien important, c’est que maman danse avec bébé… Elle doit tenir compte de son « partenaire de danse », un « voie-lactien » et bien que celui-ci soit compétent dès sa naissance pour s’attacher à du connu, sa maman, il n’en demeure pas moins qu’il vient d’arriver dans notre monde.  Même avec toute la bonne volonté du monde, maman contrôle seulement une partie de la prise du sein par le bébé en lui présentant le sein d’une certaine façon.  Si bébé a gardé un « faux pli » de son temps passé dans le ventre de maman, de sa sortie du ventre de maman, il peut refuser de faire certains mouvements avec sa tête, il peut carrément refuser de prendre le sein.  Si bébé présente des problèmes musculo-squelettiques, un professionnel de la santé spécialisé dans le soin des nourrissons pourra détecter des déséquilibres et redonner la meilleure fonction possible aux systèmes, une évaluation permettra d’identifier les signes et les symptômes pouvant compromettre le développement moteur et de vérifier l’intégrité des muscles et des os du jeune enfant.  Là aussi, le temps compte:  pour que les tensions ressenties par bébé s’atténuent, la répétition d’un travail corporel s’inscrit dans un certain laps de temps.  Bébé peut aussi présenter un frein de lèvre supérieure, un frein de langue.  Dans certaines situations, la présence d’un frein peut nuire à la prise optimale du sein par le bébé.  Là aussi, le temps compte:  parfois, il s’écoule du temps entre le début de la douleur de maman et la décision de couper un frein et quand un frein est coupé, oui, c’est possible que maman voit une différence dans la prise tout de suite après la frénotomie.  Il y a aussi des bébés qui ont besoin de temps pour prendre le sein différemment suite à la frénotomie et maman verra sa douleur disparaître beaucoup plus graduellement.

 Et maman, dans tout cela?  Nous espérons tous qu’avec le temps et avec tout ce que le temps nous permet de faire, la douleur s’atténuera chez maman. Avec son village, elle doit prendre soin d’elle.  Il a été démontré que l’accompagnement par une professionnelle de la santé qualifiée en lactation contribue grandement à aider maman à traverser ce moment difficile. Aussi, il y a le « cocooning » qui apporte une certaine douceur et un moment de vie moins désagréable à ces mamans qui attendent et qui espèrent, avec nous tous, la diminution puis la disparition de la douleur.

Pour plus d’infos: https://louisegodin.com/parents/parents-dossiers-2/parents-dossier-allaitement/

Vitamines prénatales et allaitement

Une maman me demande si elle peut continuer de prendre ses vitamines prénatales pendant sa période d’allaitement.

  • Stéphanie Côté, nutritionniste, Extenso, dans un article « Les vitamines et minéraux durant la grossesse » dit que « Les femmes enceintes ont besoin de plus de fer car leur volume de sang augmente.  De plus, elles doivent en fournir à leur futur bébé.  Les réserves en fer du bébé à la naissance durent pendant les 6 premiers mois de sa vie. »

Référence : http://naitreetgrandir.com/fr/grossesse/sante-bien-etre/fiche.aspx?doc=vitamines-mineraux-durant-grossesse, page consultée 2015-12-02

Santé Canada parle aussi des besoins énergétiques des femmes qui allaitent :

« Les besoins énergétiques sont aussi plus élevés chez les femmes qui allaitent que chez celles qui ne sont pas enceintes. Ils dépendent de la quantité de lait produite et de la durée nécessaire à la perte de poids gagné pendant la grossesse (Institute of Medicine, 2002). Les femmes ont besoin d’environ 350 à 400 calories additionnelles chaque jour pendant la première année de l’allaitement.

Les femmes qui ont eu un gain de poids satisfaisant pendant la grossesse doivent consommer à peu près la même quantité de nourriture pendant l’allaitement que pendant leur grossesse. C’est pourquoi le Guide alimentaire canadien recommande aux femmes qui allaitent de consommer deux ou trois portions additionnelles du Guide alimentaire provenant de n’importe quel groupe alimentaire. Cela leur permet d’obtenir l’énergie additionnelle nécessaire pendant l’allaitement. »

  • Passeport Santé, http://www.passeportsante.net/fr/Solutions/PlantesSupplements/Fiche.aspx?doc=fer_ps, page consultée 2015-12-02
    • Le tableau « Apport nutritionnel recommandé en fer » concorde avec le tableau de Santé Canada.
    • Dans la section « Trop de fer? », il est mentionné que « les multivitamines pour femmes enceintes renferment habituellement 27 mg de fer. »
    • Dans la section « L’avis de notre pharmacien » : « Durant longtemps, il a été de rigueur de prescrire une dose importante de fer (environ 60 mg par jour) durant la période prénatale. De nos jours, la dose a été revue à la baisse et s’approche maintenant des apports nutritionnels recommandés (ANR) qui sont de l’ordre de 30 mg par jour. »

 

Conclusion :

« Les besoins nutritionnels diffèrent également pendant l’allaitement. Ainsi, les femmes qui allaitent ont besoin de plus de vitamine A, de vitamine C et de zinc. Leurs besoins de fer sont toutefois inférieurs à ceux des femmes enceintes (Institute of Medicine, 2006). »

« Les experts s’entendent tout de même pour limiter la supplémentation en fer et s’en tenir aux apports nutritionnels recommandés. »

À moins d’une prescription médicale, à moins aussi que maman ait une diète particulière, la multivitamine pour  la période de la grossesse devrait être prise pendant la grossesse 🙂

La maman qui allaite devrait obtenir les vitamines et minéraux dont elle a besoin à travers son alimentation variée.  Si elle éprouve des symptômes particuliers, elle devrait consulter un professionnel de la santé : les produits naturels, les vitamines et minéraux en vente libre devraient être conseillés par un professionnel de la santé car ils peuvent avoir un impact sur la santé de la personne qui les utilise.