Alimentation autonome: et si…?

Le 25 mai 2016, Naître et grandir parlait de l’alimentation autonome en citant une étude « How different are baby-led weaning and conventional complementary feeding? A cross-sectional study of infants aged 6–8 months« .  Et si on réfléchissait ensemble…

Il est mentionné:

(…) Ils ont toutefois remarqué que ces enfants avaient une alimentation plus riche en gras. Cela s’expliquerait peut-être par le fait que ces bébés mangeaient souvent les mêmes aliments que les adultes. Leur consommation totale de calories était toutefois similaire à celle des enfants nourris à la cuillère. (…)

 C’est certain qu’un tout-petit, assis à la table avec sa famille, veut imiter ce que les « grands » font – c’est une façon d’apprendre.  Et si le tout-petit devenait « l’excuse » pour la famille de s’assurer d’avoir une alimentation saine et des habitudes alimentaires « santé »…? Quand j’ai le privilège de recevoir une femme enceinte en consultation, je parle d’alimentation: j’invite maman, avec papa, à regarder leur alimentation et leurs habitudes alimentaires de façon globale, pas juste pendant la grossesse – après tout, le bébé qui est dans son ventre aujourd’hui sera assis à la table de la famille demain.  Si la grossesse devient un moment privilégié pour maman et papa de « bien manger », leurs nouvelles habitudes auront quelques mois d’ancienneté quand bébé sera là et ce sera une modification de moins à apporter quand bébé s’assoira à la table familiale.

Les risques d’étouffement…? Attendre que bébé ait environ 6 mois minimise les risques:  il a plus de salive, sa langue et les muscles de sa bouche peuvent maintenant mieux avaler de la nourriture.  D’autre part, si maman et papa ont adopté de nouvelles habitudes alimentaires depuis la grossesse, qu’ils mangent ensemble, autour de la table, bien assis, pas de télévision téléphone ordi, ça peut aussi aider à minimiser les risques d’étouffement.  En prime, manger ensemble, se retrouver, parler de sa journée, ça permet de tisser des liens…

L’article disait aussi…

(…) Les enfants étudiés qui mangeaient seuls consommaient en effet moins de fer, de zinc et de vitamine B12 que ceux nourris à la cuillère. (…)

Ça me semble tellement évident… Bébé a 6 mois, il prend du lait de sa maman de façon différente qu’il le faisait à sa naissance: il tète moins souvent, il est plus efficace à chaque tétée. Tout en continuant l’allaitement, bébé est invité à la table familiale avec « les grands »:  il commence à utiliser la chaise haute, il est en position verticale pendant plusieurs minutes, le contrôle de sa tête sert à dire « oui encore », « non pas plus », il a des aliments devant lui – toutes sortes de textures, de couleurs, d’odeurs, des aliments froids chauds tièdes… Beaucoup de « grandes premières » d’un coup avec l’introduction des solides… En plus, physiquement, il doit prendre les objets d’une autre façon: la préhension se fait d’abord avec la main comme une patte et se raffine, au fil des mois, avec la dextérité pouce-index.  C’est donc certain qu’il ne mange pas grand chose avec ses doigts les premières fois qu’on met des petits morceaux devant lui… et on s’étonne qu’il ait moins de fer, de zinc, de B12…? Un changement à la fois, peut-être…?  Donc, bébé s’assoit à table, on met quelques morceaux à sa portée et maman le nourrit avec la cuiller.  Plus il grandit, plus il s’habitue à cette nouvelle réalité de sa vie, s’asseoir à table avec « les grands », plus il perfectionne la pince « pouce-index » et les autres habiletés requises, moins maman le nourrit avec la cuiller… Et si bébé veut un aliment que son papa ou sa grande sœur porte à sa bouche…?  Pas de problème car toute la famille mange des aliments qui assurent à chacun de ses membres de combler ses besoins en protéines, en vitamines, en minéraux.

Durant la première année de vie terrestre du bébé, il s’en passe des choses, c’est incroyable.  Dr Brazelton a déjà dit que bébé peut régresser avec l’acquisition d’une nouvelle compétence – un pas en arrière pour en faire deux en avant…  Et si cette régression était LA façon qu’avait bébé de dire: « Wow! Laissez moi souffler un peu.  Maman, j’ai besoin de toi, de redevenir un « petit bébé » collé contre toi, ça me sécurise et ta réponse à ma « détresse régression » peut être un tremplin vers tout ce qui est nouveau. »

L’autonomie d’un enfant… c’est ce que chaque maman et chaque papa veulent pour leur enfant, au fil des jours, des années.  Et si l’alimentation autonome était une façon de vivre, de manger, de goûter à la vie…?  Donc, quand l’enfant est prêt, vers 6 mois, on introduit des solides en complément de l’allaitement avec, en toile de fond, l’alimentation autonome… au rythme du bébé dans SA famille. Françoise Dolto disait dans « Tout est langage »

Notre rôle, ce n’est pas de rythmer les besoins d’un enfant, comme nous le croyons, mais d’être au service de ses rythmes (…)

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